Les requins et l’homme

Massacrer les requins,  c’est dangereux pour l’homme !

requin Nausicaa aquarium Boulogne sur Mer

© Brand X Pictures

L’Australie a lancé une guerre contre les requins. Tout animal de plus de 3 mètres approchant de ses côtes occidentales sera tué grâce à des lignes d’appât disposées le long du littoral. Cette action fait suite à des attaques mortelles survenues ces dernières années (sept en 3 ans). Mais les conséquences de cette action peuvent être catastrophiques…

Le requin, super prédateur

Espèces clés de l’océan mondial, les requins sont situés au sommet des chaines alimentaires. Ces « super » prédateurs jouent un rôle essentiel dans toutes les mers du monde. Ils mangent des poissons carnivores qui eux-mêmes consomment des herbivores. Lorsque les requins disparaissent, les espèces dont ils se nourrissent pullulent, mangent beaucoup plus d’herbivores et les algues prolifèrent étouffant les coraux, obstruant les baies. Tout l’équilibre fragile du milieu marin est perturbé.

Voulons-nous demain qu’il n’y ait plus de poisson à pêcher, que les touristes désertent les côtes, que le milieu marin soit détruit, que notre océan soit réduit à une grand réservoir d’eau empli de méduses, d’algues et de petits poissons sans grande valeur commerciale ?

Protéger l’équilibre de la Planète c’est nous protéger nous-mêmes.

Nous dépendons d’un océan en bonne santé pour notre alimentation, notre santé, pour préserver les mécanismes naturels qui maintiennent notre planète habitable. Protéger ces espèces fondamentales à l’équilibre de la Planète c’est nous protéger nous-mêmes.

L’inquiétude suscitée par les attaques de requins est légitime, chaque accident est un traumatisme, chaque perte de vie humaine est un drame. Mais cela classe-t-il le requin comme un danger majeur pour les hommes ? Les moustiques tuent deux millions de personnes chaque année dans le monde, les requins provoquent une dizaine d’accidents mortels, et sont responsables d’environ 70 attaques par an en moyenne. Seules une douzaine d’espèces sur environ 500 espèces de requins répertoriés sont responsables des agressions contre des humains.

Par contre la menace contre les requins est réelle. Nous pêchons chaque année 100 millions de squales par an. Déjà un tiers des espèces de requins et de raies existantes sont classées sur la liste rouge des espèces menacées établies par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).

Quelles seraient les conséquences d’une lutte sans merci contre ces animaux ? L’enjeu ici est crucial. Combien de récifs dégradés et morts, combien d’espèces de poissons de coquillages et de crustacés en voie de disparition, combien de pêcheurs dans la détresse, de côtes appauvries, de littoraux tropicaux menacés car n’étant plus protégées par leurs barrières récifales ? Le tourisme et la pêche, dont dépend l’économie de nombreuses régions s’appuient sur un océan vivant, donc sur un océan où vivent des requins !

Nous sommes tous concernés

L’Australie possède un patrimoine océanique inestimable, une diversité marine parmi les plus importantes de la planète et la plus grande barrière corallienne du monde située au sein d’un immense parc marin. Environ la moitié des espèces de squales connues croisent dans ses eaux territoriales et 70 d’entre elles sont endémiques. Ce pays a instauré une loi condamnant le fait de blesser ou capturer sans permis certaines espèces de squales dont le grand requin blanc. Elle s’est engagée au niveau international pour la protection de la biodiversité.

L’Australie se doit de montrer l’exemple. Il est possible de prendre des mesures de sécurité le long de ses côtes, notamment en surveillant les zones de baignade et en limitant leur accès, sans se lancer dans un massacre qui affecterait l’ensemble du milieu océanique. Le grand requin blanc est le plus grand poisson prédateur sur notre globe, il vit depuis des millions d’années dans la mer comme ces autres grands requins prédateurs que sont le requin tigre et le requin bouledogue.

Le nombre d’attaques dans le monde dues à un requin blanc entre 1990 et 2011 est de 139 dont 29 fatales (source International Shark Attack File). C’est trop bien sûr, mais aujourd’hui le gouvernement australien veut éradiquer ces grands prédateurs de ses côtes. La démarche qu’il a entreprise risque pourtant de porter un préjudice grave à l’océan sans pourtant résoudre le problème. Nous demandons à l’Australie de cesser cette tuerie de requins, car nous sommes tous concernés. Il existe un seul océan mondial et nous en dépendons tous pour notre survie.

Communiqué de Nausicaa, publié le 29 janvier 2014

 

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