Pêche et surpêche : tout est bon dans le requin

« Dans le requin tout est bon. »

requin Nausicaa aquarium Boulogne sur Mer

Le requin est pêché traditionnellement depuis des siècles par les populations japonaises ou Inuits. Et chaque partie du requin peut être utilisée.

Ainsi, la peau du requin est tannée et a longtemps servi à recouvrir les poignées des sabres de samouraï. En ébénisterie, gainerie et maroquinerie on utilise la peau du poisson, raie ou requin pour en faire un cuir servant à garnir une poignée d’épée, un coffre ou une malle. Le terme « galuchat » vient de Jean-Claude Galuchat, gainier de Louis XV qui a su travailler le cuir de roussette et de raie.

La peau de chagrin est une peau de requin qui a été utilisée comme papier de verre pour polir le marbre et le bois.

Les dents de requin sont utilisées en bijouterie ; les mâchoires de requin sont vendues comme des trophées au même titre qu’une tête de cerf.

Certaines espèces de requins sont consommées : la roussette est ainsi vendue sous le nom de saumonette, le requin peau-bleue sous le nom de veau de mer.

L’huile de foie de requin contient des substances telle la vitamine A et peut être consommée sous forme de gélules ou être intégrée dans des produits cosmétiques.

Squalamine, une substance issue du foie des requins efficace contre des virus.

Découverte en 1993, la squalamine est une substance qui est produite par le foie des requins, a des propriétés antibiotiques et constitue une partie de son système immunitaire. Des chercheurs américains ont découvert que cette substance avait un impact potentiel contre des virus notamment sur celui de la dengue, l’hépatite B ou la fièvre jaune. Les scientifiques savent déjà synthétiser la molécule en laboratoire. Elle est envisagée pour le traitement de certains cancers ou de maladies des yeux. L’efficacité de la squalamine des cartilages et huiles de requin que l’on trouve sur internet n’est pas garantie.

L’aileron de requin est recherché pour produire une soupe dont les vertus seraient aphrodisiaques. Ce mets très apprécié des asiatiques qui était réservé aux repas de fête s’est démocratisé suite au développement économique des pays asiatiques. Cela a une conséquence dramatique sur les populations de requins.

La surpêche des requins menace grandement la survie des espèces.

On compte 100 millions de requins tués dans le monde chaque année. Le finning qui consiste à découper les ailerons du requin parfois encore vivant et à rejeter l’animal en mer est un marché très lucratif qui a développé la pêche au requin. Un aileron de requin de 10 cm se vend environ 600 € le kilo.

Le nombre d’individus pêchés est énorme au regard des capacités de reproduction de l’animal. En effet la maturité sexuelle du requin est tardive, par exemple la femelle de grand requin blanc est mature à 10 ans et à l’issue d’une gestation longue elle ne met au monde qu’un à dix petits. L’impact de la pêche peut donc avoir des conséquences dramatiques sur les populations de requins.

Les requins sont aussi victimes des filets dérivants destinés à la pêche au thon et à l’espadon. La pollution marine, la modification de leur habitat, les pesticides et autres toxines qui s’accumulent dans l’organisme de ces animaux ont aussi un impact sur les populations des requins.

Déséquilibre des écosystèmes.

Une autre conséquence de la surpêche des requins est l’augmentation du nombre de leurs proies habituelles qui grandissent désormais sans la menace de la prédation naturelle du requin et qui entraîne un déséquilibre des écosystèmes. Ainsi sur la côte Est des Etats-Unis les populations de 11 espèces de requins ont diminué de 87 pour le requin gris à 99 % pour le requin bouledogue à cause d’une pêche excessive ces 35 dernières années. La disparition des requins a permis l’explosion démographique des raies pastenagues ou de la Mourine américaine avec une diminution notable des proies de ces raies à savoir les coquilles Saint-Jacques et les palourdes dont la production a chuté de 840.000 tonnes à 300.000 tonnes en 2003 en Virginie et au Maryland.

Sources : Muséum National d’Histoire Naturelle ; « La peur des requins » éditions Gallimard ; CSPNB, 2012. La biodiversité à travers des exemples, services compris. MEDDTL

Un commentaire sur “Pêche et surpêche : tout est bon dans le requin

  1. L’exploitation de chaque ressource est accordée par le bon Dieu, mais de manière rationnelle. Il est alors impératif que nous prenons nos responsabilités vis à vis des ressources qui garantissent notre survie. Tous les États doivent prendre les mesures de préventions pour sauvegarder nos ressources, car si les requins finissent aujourd’hui il y aura non seulement le déséquilibre de l’écosystème marin mais perte de la biodiversité qui, par contre irremplaçable

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s