Des requins toxiques

Tigershark (c)

En tant que super-prédateur ou prédateur apex, le requin se trouve au sommet des chaînes alimentaires marines. Cette position dominante si importante dans la régulation des écosystèmes signifie également que par son régime alimentaire, le requin peut concentrer dans son organisme d’éventuelles pollutions[1] issues de métaux lourds comme le mercure et de toxines existant déjà dans les poissons qu’il consomme.

La ciguatera est une intoxication alimentaire temporaire mais très sérieuse qui est provoquée par une micro-algue toxique Gambierdiscus toxicus qui se développe sur les récifs coralliens[2] lorsqu’ils sont malades à la suite d’une tempête ou d’une pollution.

Cette micro-algue est ingérée par les poissons herbivores. Par bioaccumulation le long de la chaîne alimentaire, les toxines se concentrent dans les poissons pour atteindre chez les plus gros prédateurs des taux susceptibles d’intoxiquer les humains. Tous les grands poissons des récifs coralliens peuvent ainsi devenir toxiques pour l’homme et plus particulièrement les poissons carnivores en bout de chaîne alimentaire comme les requins. Cette molécule est longue à éliminer, ce qui explique pourquoi certains requins du large à la chair toxique ont été capturés parfois très loin des lieux où ils avaient contracté la ciguatera.

Des épisodes ciguateriques se rencontrent dans l’ensemble des régions intertropicales où l’on trouve des récifs coralliens[3], plus particulièrement dans tout le Pacifique Sud (Polynésie Française, Australie, Vanuatu), dans le Pacifique Nord (Hawaï), dans l’Océan Indien (en particulier l’Ile Maurice), dans les Antilles et en Floride.

La consommation de requins-tigres et de requins-bouledogues est interdite sur l’île de la Réunion depuis 2009 à cause de cette toxine[4]. Ces deux espèces habituellement non protégées ont pu alors être épargnées cependant il est encore rare de rencontrer ces animaux dans les eaux de la Réunion. L’IRD mène une campagne de marquage de ces squales dans le cadre du projet CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’Habitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de La Réunion). En 9 mois, seulement 23 requins ont été marqués sur les 80 prévus.

D’autre part, suite aux accidents survenus durant l’été 2012, les autorités locales de la Réunion soutenues par les services de l’état, à savoir les comités des pêches, ont lancé une campagne de prélèvement de 10 requins-tigres et de 10 requins-bouledogues pour analyse sanitaire.  Aujourd’hui, 4 requins tigres ont été prélevés sur les 20 annoncés.

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