Sanctuaires et préservation des requins

Tiger_shark (1) (c)

Un sanctuaire pour les requins est une zone marine dans laquelle il est interdit de pêcher les squales. Une mesure interdit également le commerce des requins à l’intérieur de la zone économique exclusive c’est à dire dans un rayon de 320 km à partir de la côte.

Où ?

Palau, petit pays insulaire d’Océanie situé en Micronésie, dans le Pacifique, a créé en 2009 le premier sanctuaire pour les requins sur une surface de 600.000 km², soit la superficie de la France. Palau abrite 135 espèces de requins et de raies considérées comme en danger ou vulnérables.

Les Maldives ont interdit en 2010 la pêche aux requins dans leur zone économique exclusive, ce qui représente 90.000 km². Tokelau a fait de même en 2011, dans sa ZEE qui représente près de 320.000 km². Les Bahamas ont interdit en 2011 toute pêche commerciale du requin dans sa zone exclusive (soit 654 715 km²) et tout commerce de produits à base de requins.

D’autres pays ont suivi, notamment le Honduras qui a interdit la capture des requins dans ses eaux territoriales en février 2010 et qui a créé en juin 2011 le Sanctuaire bi-océanique  de requins. Celui-ci englobe également la totalité de sa ZEE, soit 240.000 km² consacrés à la préservation des squales, parmi lesquels requin marteau, requin taureau, requin dormeur, requin tigre ou encore requin gris.

Les états fédérés de Micronésie, les îles Marshall, la république de Palau, le territoire de Guam et les îles Mariannes du Nord ont signé une résolution lors du 15e sommet des dirigeants de Micronésie pour développer d’ici décembre 2012 le premier sanctuaire régional de Micronésie pour les requins, qui couvrirait un territoire marin de 2.000.000 de km².

Si les organisations environnementales se réjouissent de ces mesures, elles soulignent la faiblesse des moyens de ces pays pour patrouiller et assurer la surveillance d’une telle superficie.

Dernières en date, les îles Samoa américaines ont interdit en novembre 2012 la pêche aux requins dans leurs eaux territoriales ainsi que la vente, la possession et la distribution d’ailerons ou d’autres parties de l’animal.

Aux Etats-Unis, la pêche est autorisée mais le découpage des ailerons est illégal. A Hawaï la loi va encore plus loin en prohibant la possession et la vente des ailerons de requins. Les états de Washington et de l’Oregon ont suivi.

Une logique économique

La préservation des requins tient aussi de la logique économique. Le tourisme de plongée est une source de revenus importante pour les Maldives, Honduras et Palau et les requins constituent une attraction importante pour les plongeurs.

Des chercheurs de la James Cook University en Australie ont estimé qu’un requin gris de récif rapportait 3.300 dollars par an à l’industrie touristique des Maldives comparé aux 32 dollars que toucherait un pêcheur s’il vendait ce même requin mort. Le calcul est vite fait. D’abord réticents, les pêcheurs des Maldives ont compris l’avantage de la pêche durable. Des soutiens financiers ont permis de soutenir leurs efforts.

Ecotourisme : impact sur les requins

Si un requin a plus de valeur vivant que mort pour les professionnels du tourisme qui organisent des plongées permettant d’observer les requins, des scientifiques ont voulu savoir si cette forme de tourisme avait un impact sur le comportement des squales.

Les animaux en effet pourraient avoir tendance à rester sur la zone de plongée, assurés d’y trouver à manger. Des chercheurs de l’université de Miami ont donc suivi grâce au marquage satellitaire une population de requins tigres des Bahamas régulièrement en contact avec des plongeurs et une population de requins en Floride peu en contact avec les humains. Il en ressort que l’écotourisme n’a pas d’impact sur l’évolution de la population des requins tigres des Bahamas.

Cette population occupe en effet une superficie de 8500 km² soit une surface cinq fois plus grande que celle des requins de Floride. La conclusion de l’étude montre que l’écotourisme présente des avantages tant au plan économique qu’au plan de la préservation des requins.

Sources : Maxisciences, Pew environment, Green blog NY Times.

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